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D’une passion, il en a fait son métier!

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CLAUDIO BÜHLMANN (LC BERN METROPOLITAN) EST CIREUR DE CHAUSSURES On entre au Lions Club grâce à sa profession, afin de garantir un maximum de diversité pour servir. Les responsables des effectifs des clubs sont invités à faire preuve d’ouverture et d’originalité. Avec son membre fondateur Claudio Bühlmann, le LC Bern Metropolitan peut ainsi s’enorgueillir de compter l’un des seuls cireurs de chaussures du pays en activité! Rencontre avec l’économiste bernois de 49 ans.

Régine Pasche: Connais-tu d’autres cireurs de chaussures au sein du Lions Club suisse?

Claudio Bühlmann: Je suis, sans conteste, le seul cireur de chaussures du MD 102! Le Gouverneur Pascal Hilty m’avait d’ailleurs invité pour oeuvrer lors de sa Conférence des présidents, mais nous avons dû renoncer en raison des mesures sanitaires et des distances.

C’est une profession qui a pratiquement disparu en Suisse?

A ma connaissance, il y a encore un autre cireur de chaussures professionnel en activité en Suisse.

On connaît le retour des barbiers, est-ce que le métier de cireur de chaussures suit la même tendance?

Je ne pense pas. Une visite chez le barbier est déjà bien ancrée dans les habitudes. Faire briller ses chaussures est encore nouveau et inhabituel. Certains se sont lancés récemment en tentant leur chance comme cireur de chaussures et ont finalement abandonné …

Quel a été le déclencheur et comment t’es-tu formé à ce métier?

Il y a neuf ans de cela, je possédais une paire de chaussures de prix. Elles étaient sales, le cuir était sec, la couleur passée. Mes chaussures étaient encore très confortables et je voulais absolument les sauver. Mais comment? J’ai d’abord fait le tour des produits usuels d’entretien pour chaussures des grandes surfaces. Après d’intenses recherches, j’ai constaté que les lignes d’entretien classiques proposaient toujours du cirage, des crèmes et des brosses de bonne qualité. De nombreuses techniques et trucs sont accessibles sur Internet. Je me suis adressé directement à un cireur de chaussures professionnel à Francfort. Il m’a donné un cours d’entretien des chaussures et se tient toujours à disposition pour des conseils ciblés.

Quels services proposes-tu?

Mon offre est variée. J’interviens comme cireur de chaussures lors d’évènements et de congrès dans toute la Suisse et en Allemagne. Je suis ainsi déjà venu à plusieurs reprises en Romandie, pour de grandes entreprises ou pour le Swiss Economic Forum. Je cire également les chaussures dans mon commerce à Berne. Je donne des cours, je fournis des produits d’entretien et les fameuses chaussures anglaises Loake.

Entretiens-tu aussi d’autres objets en cuir?

Bien entendu, je redonne leur éclat aussi bien aux vestes en cuir, aux sacs à main, qu’aux vestes en coton ciré de type Barbour.

Combien faut-il investir pour une bonne paire de chaussures?

Les chaussures doivent être faites en cuir de bonne qualité et cousues main. Une couche de liège en guise d’assise plantaire en augmente le confort. Je ne suis pas fan des chaussures collées avec une semelle en caoutchouc bon marché. Pour une bonne paire de chaussures de qualité il faut investir au moins CHF 300.–.

Est-ce que l’on peut gagner sa vie avec cette activité?

Oui, c’est possible, grâce à un large éventail d’offres et de services qui va de la vente de chaussures, à l’entretien et aux évènements et animations pour entreprises.

Comme le coiffeur, es-tu aussi un psy et un confesseur?

C’est exactement comme chez le coiffeur ou chez le prêtre! De nombreux clients se confient volontiers lorsqu’ils sont assis sur la chaise du cireur de chaussures. C’est l’un des aspects de mon travail que j’apprécie tout particulièrement. Mes clients me font confiance et pas seulement pour leurs chaussures.

L’Italie est réputée pour la qualité de ses chaussures, tes origines transalpines ont-elles joué un rôle?

Cela a certainement eu une influence. Ma maman est originaire des Marches, à l’est de l’Italie. Les plus belles chaussures italiennes viennent de cette région – ma passion pour les chaussures est quasiment dans mes gènes!

Comment s’est passée cette dernière année avec la pandémie de Covid-19?

Au début, ce fut un choc car tout s’est arrêté d’un coup! J’ai dû fermer mon commerce et tous les évènements qui étaient planifiés ont dû être annulés. Après le choc initial, il fallait réagir et faire preuve de créativité. J’ai ainsi investi beaucoup de temps dans mon site Internet afin de développer la vente en ligne. Nombreux sont les clients et les clientes fidèles qui me soutiennent en achetant des bons pour eux ou pour faire des cadeaux. Pour mes clients de la ville de Berne, je propose un service à domicile. Je vais chercher leurs chaussures et les leur rapporte une fois soignées. Ce service reste d’actualité. De nombreux clients m’envoient leurs chaussures par la poste pour un service d’entretien. J’ai des clients fidèles dans toute la Suisse et suis reconnaissant qu’ils aient recours à mes services dans ces temps particulièrement difficiles.

Tu étais membre fondateur du LC Bern Metropolitan en 2008. Quelle profession exerçais-tu à l’époque et pourquoi as-tu dit oui?

En 2008, j’étais actif au sein d’une association faîtière nationale, en qualité de responsable des services généraux et des finances. La devise «We Serve» du Lions Club me parle. J’apprécie les contacts variés et, au cours de mes 13 années de Lionisme, de belles et solides amitiés se sont tissées.

Interview: Régine Pasche